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L’opération d’expulsions de la ZAD a commencé, soutenons la ZAD ! Des rumeurs parlent de l’expulsion d’une quarantaine d’habitats ! Appel à tous les soutiens !
L’expulsion a commencée à 3 h ce matin du côté de Lama fâché.


Rassemblement ce samedi 14 avril à 14h devant la Mairie d’Annemasse !

Ci-dessous le bilan de la journée à lire aussi sur zad.nadir.org

L’après-midi se finit dans un bocage asphyxié par les gaz lacrymogènes après déjà de longues heures de résistance face à la destruction d’habitats et fermes de la zad. Au moins 9 lieux de vie collectifs ont péri, avec leurs divers habitats particuliers brisés, leurs ateliers en miettes, leurs jardins piétinés : planchettes, planchouette, lama fâché, noue non plu, youpiyoupi, jessie james, phare ouest, chèvrerie, 100 noms…

L’invasion policière a trouvé face à elle diverses formes de résistance  : barricades, barrages de tracteurs, mêlées, personnes se hissant sur les toits, chantant, se tenant dans les bras. Dans les champs, face aux gendarmes mobiles et à leur machines de morts, on trouvait des anciens, des jeunes, des voisins, des paysans, des occupants, des camarades de partout. 6 des soutiens mobilisés sur place ont été blessés et 7 personnes arrêtées. Malgré la disporportion des forces en présence, l’absolue supériorité militaire des gendarmes, un peu de ruse et d’imagination a suffi à mettre deux fois le feu à leurs machines. Le dieu de la boue en a embourbé une autre.

A chaque maison expulsée, brisée par les mâchoires des tractopelles, c’est un pan de la vie ici que l’Etat cherchait à éradiquer, et un pan ferme de colère qui se soulevait en nous. Une colère qui s’est diffusée toute la journée à tous ceux qui scrutaient de plus loin ces événements sans avoir pu encore se rendre sur place. Ils seront désormais de plus en plus nombreux dans les prochains jours si l’opération continue. Ils reviendront en masse pour ne pas laisser sans habitat ceux que l’Etat a cru aujourd’hui expulser du bocage…

La destruction du hangar, des serres et de la bergerie des 100 noms, l’évacuation de ses ânes et de ses moutons a achevé de dévoiler l’hypocrisie absolue de la préfecture, y compris sur sa prétention affichée à conserver les projets agricoles. La préfete en profite pour appuyer sur un chantage abject à propos des autres lieux abritant des projets agricoles : abandonnez la vision collective maintenant ou vous connaitrez le même sort et les mêmes destructions. La maison des vraies rouges, les jardins maîraicher et médicinal du Rouge et Noir, et bien d’autres pourraient bien être en ligne de mire demain. En ce qui concerne cette ferme, un référé pour voie de fait va être déposé par Me Hurriet à l’encontre de la Préfecture. Les habitants des 100 noms s’étaient en effet identifiés auprès d’AGO-VINCI et de la préfecture dès 2013, puis de nouveau en 2016 et en 2018. AGO-VINCI l’ont sciemment ignoré et ont bafoué le droit de la manière la plus grossière en refusant de les laisser accéder malgré tout à une procédure nominative d’expulsion. Aujourd’hui encore, l’huissier qui accompagnait l’expulsion de ce lieu a refusé de les laisser accéder au jugement d’expulsion et de leur donner son nom.

Toute la journée de nombreux soutiens se sont déjà manifestés : communiqués et appels de diverses organisations (Sud Rail, Greenpeace, etc), occupation de la mairie à Forcalquier, rassemblements partout en France.

Demain, l’Etat annonce la poursuite des expulsions et de sa volonté d’éradication de l’expérience de la zad. Il faudra les empêcher, s’enraciner, rester. Nous appelons tous ceux qui peuvent à se rendre sur place dès l’aube pour leur faire obstacle. Nous appelons à des mobilisations et réactions déterminées partout ailleurs en france.

La zad restera !

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Cette balade à vélo dans les rues de Genève sera l’occasion de passer en revue quelques uns des nouveaux projets d’aménagement du « grand Genève ». En ligne de mire : le CEVA et la transformation des quartiers que la ligne ferroviaire traverse.

Le rendez-vous est donné à la gare des Eaux-vives à 17h30. Nous irons ensuite aux Acacias, puis aux Grottes et pour finir aux Pâquis où nous partagerons un repas sur le coup des 20h30. Venez à vélo, ou à roulettes, prenez vot’ k-way s’il pleut 🙂

CEVA pas la tête ou quoi ?

La politique d’urbanisation de l’agglomération genevoise est, comme malheureusement dans bien des endroits, orientée vers un modèle complétement débile de développement et de croissance.

Ce modèle, qui augmente les inégalités sociales et détruit peu à peu la planète a fait ses preuves en matière d’absurdité politique. Mais il semblerait que l’enjeu monétaire pour les grandes compagnies de construction, les agences immobilières et les banques soit suffisamment important pour qu’on ignore ce que l’on constate clairement depuis les années 1970.
Ayant fait l’objet de nombreuses critiques, l’argumentaire des urbanistes, aménagistes, architectes et planificateurs s’est discrètement renforcé. La mobilité douce, la création de lien social et les logiques « éco-responsables » fournissent désormais une justification sournoise à des projets dont la motivation principale demeure encore et toujours le fric.

Dans un contexte régulièrement rabâché de crises économiques, les domaines privés et publics unissent leurs forces afin de garantir, prioritairement, le bien-être de la population. Main dans la main, ils construisent pour nous :

– le CEVA pour nous permettre d’aller au travail,
– les nouveaux quartiers (qu’on appelle « éco-quartiers » en 2016) pour répondre à la pénurie de logement,
– la nouvelle ligne de tram qui nous amène de l’éco quartier au CEVA,
– le repavement des rues commerciales pour mettre en valeur la marchandise de luxe,
– la centralisation des loisirs et de la consommation (Balexert, la Praille, etc.),
– de nouvelles zones d’attractivité économique tel que le PAV (Praille Acacias Vernets)

Mais ce que l’on nous vend comme l’évolution naturelle de la ville (la croissance économique, le bétonage massif et toutes ces conneries) ne va pas de soi.

– Le CEVA et les nouveaux trams ne sont qu’un moyen d’augmenter les flux de travailleurs, il n’allégeront pas le trafic sur les routes ni ne nous rendront plus confortable le quotidien (voir l’article : http://renverse.co/Zad-partout-Vinci-aussi-621).
– L’implantation de nouvelles gares dans les quartiers traversés par le CEVA entraine de nombreux bouleversements sociaux, elle contribue à remplacer des petites zones artisanales, des parcs, des maisons par des surfaces commerciales alors que le prix des logements les plus proches ne cesse d’augmenter.
– Les « éco-quartiers » détruisent les dernières bonnes terres cultivables du canton. Ils ne permettront pas de résoudre la pénurie de logement car ils attirent également des centaines de nouveaux emplois dans les nombreux bureaux construits simultanément. Les milieux immobiliers ont d’ailleurs tout intérêt à maintenir cette situation de pénurie.

Main basse sur la ville

Nous devons comprendre que les politicards gèrent cette ville comme d’autres entrepreneurs gèrent leur business, ils restructurent la ville comme on restructure une industrie. On assiste alors à une privatisation de la ville. La seule contrainte imposée aux « élu.e.s » étant de garantir le fonctionnement économique de la ville tout en conservant la paix sociale.

Ce qui est inquiétant, c’est que cette « main basse sur la ville » n’est plus considérée comme une attaque violente par celles et ceux qui la subissent. Il faut dire que les moyens sont nombreux et variés pour empêcher l’émergence de luttes que la population pourrait légitimement mener.

Mais que les décideurs ne se réjouissent pas trop vite d’achever leur besogne. A tout moment, dans l’ombre d’une ruelle peut émerger une lutte terriblement poétique qui emportera avec elle les plus féroces défenseurs de l’ordre établi et du béton pourri ! et bim !

Bien que l’état d’urgence s’enlise d’un côté et que le MCG moisisse de l’autre, les frontières franco-suisse n’ont su stopper l’émergence d’un nouveau comité de soutien à la ZAD (Zone À Défendre) de Notre-dame-des-Landes.

A Genève, depuis février 2016, plusieurs personnes se réunissent afin de mettre en place une cellule active qui milite pour l’abandon du projet d’aéroport, pour l’avenir de la ZAD, contre les expulsions et contre tous les grands projets inutiles. Face aux menaces du gouvernement français, le mouvement anti-aéroport se renforce plus que jamais. La résistance à Notre-Dame-des-Landes est aujourd’hui devenue emblématique et elle marque un refus ferme contre la marchandisation continue du territoire et de nos vies. La détermination contagieuse qui anime le bocage est un encouragement à ne pas se résigner !

Si la pression sur l’ensemble de la zone est aujourd’hui plus forte que jamais, il n’est pas question pour les habitantes  de laisser la place aux tractopelles de Vinci. Les comités de soutien, eux, ne doivent ni céder, ni diminuer la pression sur les porteurs du projet ainsi que sur le gouvernement français qui n’a plus grand chose de socialiste.

Au contraire, c’est maintenant qu’il faut se mobiliser pour l’abandon du projet d’aéroport !